LES AMIS COMTOIS DES MISSIONS CENTRAFRICAINESL’ACMC
est une ONG franc-comtoise
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Elle s'est déroulée du 31 Octobre au 15 Novembre ;
l'équipe a travaillé à Berbérati et à Bangui.
Le trajet Bangui-Berbérati s'est effectué la route dite du 4ème parallèle:
c'est une piste ouverte par les forestiers qui exploitent la forêt équatoriale;
elle traverse la forêt dans un cadre d'une grande beauté et est entourée d'arbres immenses ;
la végétation est impénétrable et pousse jusque sur le bord de la route.
Le voyage est parfois aventureux, car il y a des zones sableuses où l'on peut s'enliser ;
les arbres tombent souvent sur la piste en cas d'orage.


Par endroits le sol est très glissant, comme les routes
enneigées de Franche Comté et nous en avons fait l'expérience au retour...
Heureusement plusieurs dizaines d'adolescents se sont précipités et nous ont
dégagés du bas-côté de la route.
Cette mission était la treizième que l'ACMC
organisait à Berbérati.


A Berbérati, nous avons rencontré plusieurs cas de " maladie du manioc ", ou Konzo :
c'est une paralysie qui s'installe brutalement en cas d'ingestion de manioc mal préparé.
Le manioc contient des dérivés de cyanure qu'il faut éliminer en le laissant tremper
plusieurs jours dans l'eau. Si la durée de trempage est insuffisante le manioc
conserve ces dérivés de cyanure qui empoisonnent l'organisme.
Cette maladie est connue dans les pays consommateurs de manioc et se voit surtout
quand la pauvreté augmente, car le manioc est consommé
ou vendu trop tôt. Une famille entière peut être contaminée.
Quand les paralysies sont installées elles sont définitives et l'enfant peut perdre
la marche ou même l'usage de ses membres supérieurs en cas d'ingestion massive.
Le risque est aggravé en cas de dénutrition.
Nous avions déjà rencontré plusieurs cas de Konzo lors de nos missions précédentes,
mais de façon isolée ; à Berbérati nous en avons observé 12 cas sur 84 enfants examinés.
Il n'existe malheureusement pas de traitement curatif des paralysies.
A Berbérati et à Bangui nous avons également frappé par le très grand nombre de cas
de séquelles d'injection intramusculaires de Quinimax (24 % des enfants examinés),
qui est le traitement habituel de l'accès de paludisme chez l'enfant.
Quand elle est mal faite, l'injection intrafessière provoque une paralysie du nerf sciatique ;
l'injection est parfois faite dans la cuisse et elle peut alors provoquer un enraidissement
complet du genou.
Ces séquelles peuvent être améliorées par la chirurgie,
mais il faudrait bien sur les éviter par une bonne information.
Lors de notre séjour à Bangui, nous avons pu rencontrer le Ministre de la Santé Publique,
et nous avons évoqué cette question avec lui.
Durant la semaine précédent la mission chirurgicale,
Sophie Garnier et Michelle Onimus ont organisé un programme
d'animation pédagogique et sportive dans les écoles primaires
et auprès des enfants de la rue à Bangui.
En Centrafrique,
l'enseignement est très répétitif et collectif et elles ont cherché à
développer la créativité de l'enfant par une pédagogie de type individuel.
Les séances de travail ont été accueillies avec enthousiasme par les enfants et
notamment par les enfants de la rue, qui sont habitués à être très créatifs
pour leur survie.
L'écoute des contes en particulier a été très fructueuse,
permettant aux enfants d'exercer leur mémoire narrative, leur jugement et leur
don de mime et d'expression dramatique. Eux-mêmes ont élaboré les dialogues et
les jeux de scène lors de la mise en scène des contes.
En fin de séjour, Sophie et Michelle ont pu rencontrer le Ministre de l'Education
Nationale qui a été très ouvert à l'analyse de la situation qu'elles lui ont présentée.


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